Hausse des taxes titres de séjour au 1er mai 2026 : 650 € pour un premier titre, ce que ça change
Introduction
Article mis à jour le 22 mai 2026. Depuis le 1er mai 2026, obtenir ou renouveler un titre de séjour en France coûte nettement plus cher. La loi de finances pour 2026 a relevé l'ensemble des taxes et droits de timbre liés à l'immigration : jusqu'à 650 € pour un premier titre de séjour en situation de régularisation, 255 € de droit de timbre pour une demande de naturalisation (contre 55 € auparavant), 100 € pour une autorisation provisoire de séjour jusque-là gratuite.
Qui est concerné ? Combien allez-vous réellement payer selon votre situation ? Qui est exonéré ? Ce guide reprend tous les montants officiels, vérifiés sur service-public.fr et les sites des préfectures, et vous explique comment les anticiper.
1Ce qui change le 1er mai 2026 : tous les nouveaux tarifs
La loi n° 2026-103 de finances pour 2026 (article 128) a revu à la hausse l'ensemble des taxes liées à l'immigration légale. Les nouveaux montants s'appliquent à tout titre dont la décision de délivrance intervient à compter du 1er mai 2026 (voir plus bas la règle exacte).
Taxe et droit de timbre : deux choses différentes
Le coût d'un titre de séjour se compose de deux éléments distincts :
- la taxe proprement dite, dont le montant dépend du type de démarche ;
- le droit de timbre, qui passe de 25 € à 50 € pour quasiment toutes les démarches.
C'est l'addition des deux qui donne le montant total à payer.
Le tableau officiel des nouveaux tarifs (1er mai 2026)
| Démarche | Taxe | Droit de timbre | Total |
|---|---|---|---|
| Première délivrance — tarif normal (carte temporaire, pluriannuelle ou carte de résident) | 300 € | 50 € | 350 € |
| Première délivrance — tarif minoré (étudiants, stagiaires, jeunes au pair, saisonniers) | 100 € | 50 € | 150 € |
| Renouvellement — tarif normal | 200 € | 50 € | 250 € |
| Renouvellement — tarif minoré | 50 € | 50 € | 100 € |
Les autres taxes qui augmentent
| Démarche | Ancien montant | Nouveau montant (1er mai 2026) |
|---|---|---|
| Droit de visa de régularisation | 200 € | 300 € (dont 100 € non remboursables) |
| Autorisation provisoire de séjour (APS) | Gratuit | 100 € |
| Droit de timbre — naturalisation et déclarations de nationalité | 55 € | 255 € (127,50 € en Guyane) |
| Échange d'un permis de conduire étranger | — | 40 € |
Le droit de visa de régularisation concerne les personnes entrées irrégulièrement en France ou restées sans titre au-delà des délais réglementaires. Sur les 300 €, 100 € sont dus dès le dépôt de la demande et ne sont pas remboursables, même en cas de refus.
Le droit de timbre de naturalisation à 255 € s'applique à toutes les demandes d'acquisition de la nationalité : naturalisation par décret, réintégration, et déclarations de nationalité (par mariage, comme ascendant ou comme frère ou sœur de Français).
Sources : service-public.fr — augmentation des taxes des titres de séjour et service-public.fr — timbre fiscal pour une demande de nationalité française.
2Combien allez-vous payer ? 5 situations concrètes
Le montant exact dépend de votre situation. Voici les cas les plus fréquents.
1. Vous demandez un premier titre de séjour (cas général)
350 € : 300 € de taxe + 50 € de droit de timbre.
2. Vous êtes étudiant, stagiaire, jeune au pair ou saisonnier
150 € : vous bénéficiez du tarif minoré (100 € de taxe + 50 € de droit de timbre).
3. Vous renouvelez votre titre de séjour
250 € : 200 € de taxe + 50 € de droit de timbre. Le montant est le même pour une carte temporaire ou une carte pluriannuelle. Voir notre guide du renouvellement de titre de séjour.
4. Vous régularisez votre situation (entrée sans visa)
C'est le cas le plus coûteux :
- premier titre : 350 € (taxe 300 € + droit de timbre 50 €) ;
- droit de visa de régularisation : 300 € (dont 100 € payés dès le dépôt) ;
- soit environ 650 €, hors frais annexes (photos, traductions, déplacements).
Au bout d'un an, le renouvellement coûtera 250 € supplémentaires.
5. Vous déposez une demande de naturalisation
255 € de droit de timbre (contre 55 € auparavant), à régler au moment du dépôt du dossier — un montant multiplié par plus de quatre. La naturalisation entraîne aussi d'autres frais (test de langue, traductions) : voir notre guide de la naturalisation française 2026.
3Quand les nouveaux tarifs s'appliquent : la règle de la date de décision
C'est le point qui crée le plus de confusion — et une erreur fréquente.
Ce n'est pas la date de dépôt de votre dossier qui détermine le tarif, mais la date de la décision de délivrance du titre.
Concrètement : tous les titres de séjour dont la décision de délivrance intervient à compter du 1er mai 2026 sont soumis aux nouveaux montants — même si le dossier a été déposé avant cette date. Un dossier déposé en mars 2026 mais accordé en juin 2026 sera donc taxé au nouveau tarif.
Il était donc inutile d'espérer « payer moins cher » en déposant son dossier juste avant le 1er mai : ce qui compte, c'est la date à laquelle la préfecture statue.
Pour les demandes de régularisation dont une partie des frais a déjà été acquittée avant le 1er mai, le complément correspondant au nouveau tarif reste dû.
4Qui est exonéré de ces taxes ?
Toutes ces taxes ne s'appliquent pas à tout le monde.
Personnes non concernées
Les citoyens de l'Union européenne, de l'EEE, de Suisse et d'Andorre ne sont pas soumis à ces taxes : ils n'ont pas besoin d'un titre de séjour pour résider en France.
Catégories exonérées
Sont notamment exonérés du droit de visa de régularisation et, pour plusieurs d'entre eux, des taxes de titre de séjour :
- les réfugiés et les bénéficiaires de la protection subsidiaire ;
- les apatrides reconnus ;
- les victimes de la traite des êtres humains et les victimes de violences conjugales ;
- les étrangers malades (titre de séjour pour raison de santé) ;
- les mineurs et les bénéficiaires de l'aide sociale à l'enfance (ASE) ;
- les anciens combattants et anciens légionnaires.
L'angle mort : pas d'exonération liée aux revenus
Il n'existe aucun barème de revenus permettant de réduire ces taxes pour les personnes en grande précarité, contrairement à d'autres dispositifs (aide juridictionnelle, complémentaire santé solidaire). Le seul critère est le statut juridique. C'est l'une des principales critiques des associations.
Si une préfecture vous réclame une taxe alors que vous relevez d'une catégorie exonérée, contestez-le par écrit et conservez une preuve.
Les exonérations dépendent du fondement exact de votre demande : vérifiez votre situation précise sur service-public.fr.
5Pourquoi ces hausses ? Gouvernement et associations s'opposent
La justification du gouvernement
Le gouvernement présente ces hausses comme un moyen de financer le traitement des dossiers par les services préfectoraux. La loi de finances 2026 s'accompagne d'un plan visant à renforcer les effectifs des préfectures et à réduire les délais d'instruction.
La critique des associations
Plusieurs associations de défense des étrangers — dont La Cimade — dénoncent une hausse injuste. Leurs arguments :
- la France figurerait, selon elles, parmi les pays d'Europe où le coût du droit au séjour est le plus élevé ;
- les usagers paient davantage pour un service marqué par un grand nombre de dossiers en attente et des délais d'instruction de plusieurs mois ;
- la plateforme ANEF connaît des dysfonctionnements réguliers, au point d'avoir donné lieu à des recours devant la justice administrative.
Le sujet a aussi gagné le Parlement, plusieurs parlementaires ayant interpellé le gouvernement.
Quelle que soit la position que l'on adopte, le constat est le même pour l'usager : il faut prévoir un budget nettement plus élevé qu'avant le 1er mai 2026.
6Que faire si vous ne pouvez pas payer ?
Des solutions existent, même si elles restent limitées.
1. Vérifiez d'abord si vous êtes exonéré
Relisez la section précédente : si vous êtes réfugié, bénéficiaire de la protection subsidiaire, victime de traite ou de violences, ou étranger malade, vous ne devez pas payer ces taxes.
2. Sollicitez une association
Des associations disposent de fonds d'aide d'urgence ou peuvent vous orienter :
- La Cimade — permanences juridiques et orientation (lacimade.org) ;
- le Secours catholique — aide financière d'urgence (secours-catholique.org) ;
- le COMEDE — situations médicales (comede.org) ;
- Médecins du Monde — personnes précaires (medecinsdumonde.org).
3. La préfecture ne peut pas refuser de recevoir votre dossier
Une préfecture n'a pas le droit de refuser l'accès au guichet ou le dépôt d'un dossier au seul motif que vous ne pouvez pas payer immédiatement. La taxe est due à la délivrance du titre (et, pour la régularisation, 100 € au dépôt). Si l'accès vous est refusé, saisissez le Défenseur des droits (defenseurdesdroits.fr — gratuit).
4. Attention aux intermédiaires
Ne payez jamais un intermédiaire qui prétend « accélérer » ou « faciliter » vos paiements : les démarches officielles se font uniquement auprès de la préfecture et sur les sites en .gouv.fr.
7Comment payer le timbre fiscal et bien anticiper
Acheter le timbre fiscal électronique
Le droit de timbre se règle sous forme de timbre fiscal électronique. Vous pouvez l'acheter :
- en ligne sur timbres.impots.gouv.fr (paiement par carte bancaire, reçu immédiat) ;
- dans un bureau de tabac agréé.
Conservez le numéro de référence du timbre : c'est lui qui est saisi dans votre démarche ANEF ou remis à la préfecture. Un timbre non utilisé est remboursable pendant sa durée de validité.
Checklist avant de déposer votre demande
- 1Identifiez le bon tarif selon votre situation (normal ou minoré, première délivrance ou renouvellement).
- 2Vérifiez vos droits à exonération avant tout paiement.
- 3Préparez le montant exact à l'avance.
- 4Gardez tous vos justificatifs de paiement — indispensables en cas de recours.
- 5En cas de doute sur un montant, vérifiez-le sur service-public.fr ou auprès de votre préfecture avant de payer.
Si votre titre est refusé après paiement
Le droit de timbre et la part non remboursable du droit de visa de régularisation (100 €) ne sont pas restitués. En cas de recours contre un refus, vous pouvez demander l'aide juridictionnelle.
8Sources officielles
Tous les montants de ce guide proviennent de sources officielles, à jour au 22 mai 2026 :
- service-public.fr — Titres de séjour : augmentation des taxes au 1er mai 2026
- service-public.fr — Timbre fiscal pour une demande de nationalité française
- Préfectures, rubriques « Étrangers en France » — tableaux d'application de la loi de finances 2026
- Loi n° 2026-103 de finances pour 2026, article 128
- Achat du timbre fiscal : timbres.impots.gouv.fr
Les tarifs administratifs peuvent évoluer : en cas de doute, vérifiez toujours le montant applicable à votre démarche sur service-public.fr avant de payer.
À retenir
La hausse des taxes du 1er mai 2026 alourdit nettement le coût de l'accès au séjour : 350 € pour un premier titre, 250 € pour un renouvellement, jusqu'à 650 € en cas de régularisation et 255 € de droit de timbre pour une naturalisation. Pour éviter les mauvaises surprises, retenez trois réflexes : identifier le tarif exact correspondant à votre situation, vérifier vos droits à exonération, et toujours confirmer le montant sur service-public.fr avant de payer. Anticiper ce budget, c'est aussi sécuriser la continuité de vos droits — et, si la naturalisation est votre objectif, préparer sereinement la suite de votre parcours.
Questions fréquentes
Q1Combien coûte un premier titre de séjour depuis le 1er mai 2026 ?
Q2La hausse s'applique-t-elle si j'ai déposé mon dossier avant le 1er mai 2026 ?
Q3Combien coûte le timbre fiscal pour une demande de naturalisation en 2026 ?
Q4Combien coûte le renouvellement d'un titre de séjour ?
Q5Qui est exonéré de ces taxes ?
Q6Comment payer le timbre fiscal d'un titre de séjour ?
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