Frais université 2026 : 2 895 € en licence pour les étudiants hors-UE — ce que change le décret du 19 mai
Introduction
Publié le 25 mai 2026. Depuis la rentrée 2019, les étudiants hors Union européenne sont officiellement tenus de payer des frais d'inscription beaucoup plus élevés dans les universités françaises : 2 895 € par an en licence et 3 941 € en master, contre 178 € et 254 € pour les étudiants européens. Dans les faits, la plupart des universités accordaient des exonérations massives — et la majorité des étudiants extracommunautaires payaient finalement le tarif normal.
Ce régime de tolérance s'arrête avec le décret n° 2026-385 du 19 mai 2026, publié au Journal officiel le 20 mai. Le texte, qui s'inscrit dans le plan « Choose France For Higher Education » du ministre Philippe Baptiste, plafonne désormais les exonérations discrétionnaires à 30 % des étudiants hors-UE dès la rentrée 2026-2027, avec une réduction progressive les années suivantes.
Pour les étudiants marocains, algériens, tunisiens, camerounais, sénégalais et de tous les autres pays hors EEE/Suisse qui candidatent à une université française pour septembre 2026, la question est simple : vais-je payer 2 895 € ou 178 € ? Ce guide répond précisément, catégorie par catégorie.
1Ce que change le décret du 19 mai 2026
Un décret, pas de nouveaux tarifs
Première précision importante : le décret n° 2026-385 ne crée pas de nouveaux tarifs. Les montants de 2 895 € (licence) et 3 941 € (master) existent depuis la circulaire ministérielle de novembre 2019. Ce qui change, c'est que les universités ne peuvent plus les contourner librement.
Jusqu'à présent, chaque université fixait elle-même le nombre d'exonérations accordées à ses étudiants extracommunautaires. Beaucoup exonéraient 80 %, 90 %, voire 100 % d'entre eux. Le nouveau décret impose un plafond légal à ces exonérations discrétionnaires.
Le tableau des frais en vigueur (rentrée 2026-2027)
| Niveau | Tarif hors-UE | Tarif UE/France |
|---|---|---|
| Licence (L1, L2, L3) | 2 895 €/an | 178 €/an |
| Master (M1, M2) | 3 941 €/an | 254 €/an |
| Doctorat | Même tarif que les étudiants UE | 380 €/an env. |
Les doctorants hors-UE sont explicitement exonérés de la différenciation tarifaire : ils paient le même tarif que les doctorants français et européens.
Le calendrier des plafonds d'exonération
| Rentrée | Plafond d'exonérations discrétionnaires |
|---|---|
| 2026-2027 | 30 % des étudiants extracommunautaires |
| 2027-2028 | 25 % |
| 2028-2029 et au-delà | 20 % |
Concrètement : si une université accueille 1 000 étudiants hors-UE, elle ne pourra exonérer que 300 d'entre eux à la discrétion du président d'université en 2026-2027. Les 700 autres paieront 2 895 € en licence ou 3 941 € en master.
2Qui est concerné par ces frais élevés ?
Les étudiants hors UE/EEE/Suisse
Ces frais s'appliquent à tout étudiant ressortissant d'un pays hors Union européenne, hors Espace économique européen (EEE) et hors Suisse. Concrètement, cela concerne notamment les étudiants du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie), d'Afrique subsaharienne, du Moyen-Orient, d'Asie, d'Amérique latine, etc.
Ne sont pas concernés :
- Les citoyens de l'Union européenne (27 États membres) ;
- Les ressortissants de l'Islande, du Liechtenstein, de la Norvège (EEE) ;
- Les ressortissants de la Suisse ;
- Les Andorrans et Monégasques.
Et si j'ai déjà un titre de séjour en France ?
Avoir un titre de séjour en France ne suffit pas à bénéficier du tarif européen, sauf si vous relevez d'une des catégories d'exonération automatique listées ci-dessous. Le statut de résident de longue durée (carte de résident 10 ans ou carte UE-longue durée), en revanche, ouvre droit à une exonération automatique.
BTS et IUT : les filières non concernées
Les BTS (brevet de technicien supérieur), dispensés dans les lycées publics relevant du ministre de l'Éducation nationale, ne sont pas soumis aux droits différenciés : les frais y restent uniformes pour tous les étudiants. Les DUT/BUT dans les IUT — qui font partie des universités — sont en revanche potentiellement concernés si l'université décide d'appliquer les droits différenciés à ces formations.
Vérifiez toujours auprès de l'établissement visé si votre formation est concernée.
3Qui est automatiquement exonéré ? Les catégories protégées
Le décret prévoit plusieurs catégories d'étudiants qui bénéficient d'une exonération automatique, indépendante du plafond des 30 %. Ces étudiants paient le tarif européen (178 € en licence, 254 € en master) même s'ils sont hors-UE.
Exonérations automatiques (hors quota)
- 1Réfugiés et bénéficiaires de la protection subsidiaire — statut reconnu par l'OFPRA ou la CNDA.
- 2Apatrides reconnus en France.
- 3Résidents de longue durée — détenteurs d'une carte de résident 10 ans ou d'une carte UE-longue durée délivrée par la France.
- 4Doctorants — quel que soit leur pays d'origine, ils paient le même tarif que les doctorants français.
- 5Étudiants en classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) — exonérés du dispositif.
- 6Boursiers du gouvernement français — lauréats des programmes Campus France, Eiffel Excellence, etc.
- 7Étudiants en mobilité d'échange — dans le cadre d'accords bilatéraux entre établissements avec réciprocité (ex. : accords Erasmus+ pour les partenaires hors-UE, conventions d'échange).
Exonérations discrétionnaires (dans la limite du quota)
En dehors des catégories ci-dessus, le président d'université peut exonérer d'autres étudiants sur critères sociaux, dans la limite du plafond applicable (30 % en 2026-2027). Ces exonérations sont accordées selon les règles internes de chaque établissement — il n'existe pas de critère national unifié.
La protection des étudiants déjà exonérés
Si vous bénéficiiez d'une exonération pour l'année 2025-2026, vous êtes protégé jusqu'à la fin de votre cycle (licence, master), à condition de rester dans le même établissement et de poursuivre la même formation. Cette protection n'est pas automatiquement transférable si vous changez d'université.
4Rentrée 2026-2027 : quand ces règles entrent-elles en vigueur ?
Le décret est entré en vigueur le 21 mai 2026. Les nouvelles règles de plafonnement des exonérations s'appliquent à partir de la rentrée universitaire de septembre 2026.
Ce que ça signifie concrètement
- Les universités doivent, avant la rentrée 2026, définir et communiquer leur politique d'exonération en respectant le plafond des 30 %.
- Les décisions d'admission et de tarification pour septembre 2026 peuvent déjà intégrer ce nouveau cadre.
- Si vous êtes en cours de candidature pour septembre 2026, renseignez-vous dès maintenant auprès du service des inscriptions de votre université cible sur votre tarif applicable.
Ce que ça ne change pas (encore)
- Les formations hors champ du décret (BTS, CPGE, lycées professionnels) continuent sur l'ancien régime.
- Les étudiants en cycle en cours et déjà exonérés conservent leur exonération jusqu'à la fin de leur cycle.
- Le décret ne modifie pas les frais pour les étudiants UE/EEE/Suisse.
5Comment savoir si vous serez concerné par ces frais ?
Trois questions permettent de déterminer votre situation :
Étape 1 — Votre nationalité
Êtes-vous ressortissant d'un pays hors UE/EEE/Suisse ? Si oui, vous êtes a priori soumis aux droits différenciés. Si non, vous payez le tarif normal européen.
Étape 2 — Votre statut
Relevez-vous d'une catégorie d'exonération automatique ?
- Vous êtes réfugié, bénéficiaire de la protection subsidiaire ou apatride → exonéré automatiquement.
- Vous êtes résident de longue durée (carte 10 ans ou UE-LD) → exonéré automatiquement.
- Vous êtes boursier du gouvernement français → exonéré automatiquement.
- Vous êtes en échange dans le cadre d'un accord bilatéral avec réciprocité → exonéré automatiquement.
- Vous êtes inscrit en doctorat → exonéré automatiquement.
Étape 3 — La politique de votre université
Si vous n'entrez dans aucune catégorie automatique, votre tarif dépend de la politique d'exonération discrétionnaire de l'université. Demandez par écrit au service des inscriptions :
- Si vous serez soumis aux droits différenciés ;
- Si une exonération discrétionnaire est possible et selon quels critères ;
- Le délai de réponse.
Conservez toujours une trace écrite de la réponse. En cas de désaccord, le médiateur académique ou le Défenseur des droits peuvent être saisis.
6Comment réduire la facture ? Bourses et alternatives
1. Les bourses du gouvernement français
Le programme Eiffel Excellence (Campus France) offre des bourses couvrant frais d'inscription, logement et allocation mensuelle pour des masters et doctorats. Concurrence élevée : candidatez dès octobre.
Le programme Bourses du gouvernement français (BGF) via les ambassades françaises dans votre pays couvre frais d'inscription et frais de vie. Renseignez-vous auprès de l'Institut français ou de l'ambassade dans votre pays d'origine.
Campus France : campusfrance.org/fr/bourses-eiffel
2. Les bourses des collectivités et fondations
Certaines régions françaises (Île-de-France, Occitanie, etc.) et fondations d'entreprises proposent des aides aux étudiants étrangers méritants. Ces dispositifs varient selon l'université et la formation.
3. Les universités qui maintiennent une politique d'exonération large
Toutes les universités ne réduiront pas leurs exonérations au strict minimum. Certaines, notamment celles très tournées vers l'international, pourraient maintenir des taux d'exonération proches du plafond de 30 %. Comparez les politiques d'accueil entre établissements.
4. Les grandes écoles et établissements privés
Paradoxalement, certaines grandes écoles ont des frais élevés pour tous les étudiants (3 000 € à 15 000 €/an), mais proposent des bourses sur dossier social indépendantes du statut UE/hors-UE. Le calcul coût-bourse peut être favorable selon les cas.
5. Le lien avec votre titre de séjour étudiant
Attention à un point souvent méconnu : lors du renouvellement de votre titre de séjour étudiant, la préfecture vérifie vos ressources financières. Payer 2 895 € de frais d'inscription n'affecte pas directement les conditions de ressources (calculées sur les revenus, non les dépenses). Cela dit, anticiper ce budget dans votre plan de financement est indispensable pour éviter des difficultés.
Voir notre guide : Titre de séjour étudiant : inscription, renouvellement, droits
7Questions fréquentes
8Sources officielles
Tous les faits de ce guide sont vérifiés sur les sources officielles suivantes, à jour au 25 mai 2026 :
- Légifrance — Décret n° 2026-385 du 19 mai 2026 relatif aux modalités d'exonération des droits d'inscription des étudiants étrangers
- Campus France — Bourses Eiffel Excellence
- Couverture presse : RFI, InfoMigrants, L'Orient-Le Jour, L'Étudiant
Les politiques d'exonération varient par établissement : vérifiez auprès de votre université avant toute inscription.
À retenir
Le décret du 19 mai 2026 marque la fin de la tolérance généralisée vis-à-vis des frais différenciés pour les étudiants hors-UE. À partir de septembre 2026, la majorité des étudiants extracommunautaires paieront effectivement 2 895 € en licence ou 3 941 € en master — sauf s'ils relèvent d'une catégorie d'exonération automatique (réfugiés, résidents de longue durée, boursiers du gouvernement français, doctorants) ou obtiennent une exonération discrétionnaire de leur université. La clé : demandez par écrit à votre université quelle sera votre situation avant de vous inscrire, et explorez dès maintenant les dispositifs de bourses disponibles.
Questions fréquentes
Q1Suis-je concerné si j'ai déjà un titre de séjour en France ?
Q2Les frais s'appliquent-ils en BTS ou en IUT ?
Q3Un étudiant marocain ou algérien est-il concerné ?
Q4Je suis boursier Campus France : suis-je exonéré ?
Q5Combien coûte un doctorat pour un étudiant hors-UE en France ?
Q6J'étais exonéré en 2025-2026 : vais-je perdre mon exonération ?
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